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Texas - Page 3
André a choisi un camping le long du highway car il ne voulait pas entrer dans Corpus Cristie avec la roulotte. On campe donc dans un privé, le Evelyne's Park. Si le camping semble propre, il est tout de même "déficient". Pas de "restrooms" ni de douche et nous sommes en plein milieu d'une boucle. Assez spécial là aussi mais ce n'est que pour 2 nuits. On va s'en accommoder mais notre opinion est faite sur les campings privés. No dump station en plus !!! Spécial en effet de ne pas offrir d'emplacement pour les toilettes et de ne pas donner le service "après caca" (hihihi). Tout ça (sic) pour la modique somme de $15 par nuit en plus. Du vol... à retenir.
Une autre petite anecdote ? Je ne vous ennuie pas j'espère... En se promenant le long du "sidewalk", monsieur mon mari s'est fait accosté par un type. On le voyait devant nous, micro à la main, il s'avançait "dangereusement" quand il dit faire "les nouvelles du soir". Il demande de nous interviewer (hihihi). Je refuse mais mon mari accepte. Il a passé à la télé, au poste local de Corpus Cristie (le 6), en parlant dans son meilleur anglais (c'est qu'il ne parle pas anglais - hihihi). L'intervieweur demandait si on était en accord, ou pas, avec la venue d'un trolley le long du sidewalk. Il a répondu oui, que c'était bien pour le tourisme sans vraiment connaître l'histoire du dossier et de la controverse que ceci soulevait dans la population. On l'a su le soir en "le" regardant (hihihi). On avait même écrit son nom sous son image, et correctement à part de ça. Surprenant. On a donc pique-niqué sur le bord de la mer. André faisant sa petite marche et moi cueillant des coquillages. Merveilleuse journée !!! Un bonheur simple mais apprécié, très apprécié d'être aussi choyés par la vie. On a beau faire ce qu'il faut pour se payer tout ça, reste que nous sommes des privilégiés. Et nous en sommes conscients, heureusement. Bon... nous sommes rendu au mercredi 18 février. On part pour Victoria, au camping Texana Lake State Park. De toute beauté !!! Là j'aurais bien passé 2 semaines et ça nous fait oublier "les privés". On campe sur le bord du lac du même nom et on a la visite régulière de petits chevreuils qui nous tiennent compagnie dans notre tranquillité. C'est que nous sommes que 3-4 roulottes à camper dans notre section de camping.
On visite le Historical Victoria... une mosus de bonne marche et on entre au camping épuisés tous les deux. Et j'ai mal aux pieds en prime. C'était tout de même fort intéressant de voir ces vieilles constructions qui sont à se faire rénover. Ça valait bien une bonne marche.
On attend ma belle-soeur (soeur d'André) et son copain qui viendront passer 2 semaines avec nous. Ils arrivent en avion à l'aéroport d'Houston le 21. Donc le jour J on se prépare de bonne heure et heureusement... comme l'autoroute 59 traverse la ville d'Houston au grand complet, André a peur qu'on reste coincé dans le gros trafic. On prend donc la voie de contournement (la 6) mais oh malheur des stops et lumières à tous les coins de rues... Donc 2 heures 1/2 plus tard et plus de 120km nous voici à l'aéroport. De plus, c'est immense cet aéroport avec un petit train intérieur qui te promène d'une aérogare à l'autre. Le hic, c'est que sur la feuille remise par la belle-soeur, les informations ne sont pas claires et nous ne pouvons savoir dans quelle aérogare ils vont arrivés. Avec notre anglais francisé, on parvient, au bout de 20 minutes et après avoir dérangé quelques 3-4 stewarts à trouver la place et à nous y rendre. Nos "invités" attendaient leurs valises. Il en manquait une et évidemment c'était celle où tout le linge était. Après vérification auprès de la Cie US Airways on décide d'attendre l'autre vol. Si la valise n'est pas là, on devra revenir le lendemain la chercher (oh non p'tite misère, pas refaire toute cette route !). On va dîner en attendant et au retour, heureusement pour nous tous, elle y était. Il faut revenir... André décide de "piquer" dans la ville, advienne que pourra. Ça ne peut pas être pire qu'à l'aller. Effectivement... c'était mieux et beaucoup mieux, ça nous a pris la moitié du temps. Épuisés que nous sommes, on fait notre épicerie et on reste au camping pour le restant de la journée.
Le lendemain, on décide que selon la météo qui n'est pas fameuse mais quand même pas si pire (il vente beaucoup et c'est gris mais sans trop de pluie) qu'il serait intéressant d'aller camper à Galveston sur le bord de la mer. Et c'est ce que nous faisons. Nous sommes quasiment directement sur la plage, tout l'monde est de bonne humeur et nous sommes au bord de la mer. Le premier jour, la pluie et le vent nous obligent à rester dans la roulotte. On est 4 adultes dans un "réduit", faut pas l'oublier. On en profite pour faire le ménage, tout ranger et d'aller prendre nos douches. On s'occupe de "notre environnement" au rythme de la journée et on joue aux dés. Superbe journée quand même. Deuxième journée, le soleil se pointe le bout du nez et on en profite pour aller marcher au bord de la mer malgré la fraîcheur du temps et de se promener le long des rues du quartier balnéaire où les riches maisons se dressent comme des "insultes" à ce paysage. C'est toujours bien mieux que les moins 25 de Montréal. En après-midi visite du Centre-Ville de Galveston et d'un bateau, l'Élissa. On assiste à un petit film qui nous explique l'histoire de la ville détruite par un ouragan et de la reconstruction du bateau. Intéressant.
Vendredi, le 27 on part pour la Louisiane. Nos visiteurs doivent passer encore quelque temps avec nous et ils reprendront l'avion de New Orleans. Je vous évite la suite du voyage car j'ai déjà parlé de la Louisiane. Vous aurez remarqué que je n'ai pas fait l'histoire du Texas comme je le fais habituellement. J'ai été déçue du Texas... voici mes réflexions en guise de conclusion. J'ignore si la température a joué dans mon impression. Il a fait froid, plus froid que la normale, et il y a eu une partie non visitée et celles qui l'on été, ce n'était pas toujours intéressant d'avoir à subir les affres de la météo. Mais il se dégage tout de même une impression bizarre de ce voyage peut-être à cause de mes idées préconçues. Je voyais le Texas comme un état riche et puissant. Il l'est peut-être pour une minorité vivant dans les villes ou pour ces riches ranchers ou pour ceux faisant de la politique mais le peuple ordinaire c'est une toute autre affaire. Je m'attendrais à cette " misère " en Georgie ou en Alabama mais une chose m'a surprise, désagréablement surprise au Texas. En dehors des axes urbains ou ranchos où l'abondance économique semble régner et où j'imagine qu'il existe un certain pouvoir politique (je ne m'intéresse pas à ces aspects), le reste de l'état est dans un délabrement écologique lamentable et la pauvreté est édifiante !!! On est tellement " minus " dans cet univers et la vie (si on peut appeler ça la vie)... les gens ne comptent pas pour beaucoup. On le sait mais le voir c'est autre chose. Disons que ça remet certaines valeurs à sa place. Nous sommes passés dans des bleds où des gens vivent dans des chiottes où je n'aurais même pas mis mon chien dedans si j'en avais un. Pourtant, assis sur une caisse de bois entouré d'immondices de toutes sortes, ils (en majorité des noirs ou des mexicains) ne semblaient pas malheureux. C'est certain que si tous ont la même vie dans ce bled, ils s'en accommodent (j'imagine) ne connaissant pas mieux. Mais j'ai pitié des gens " moyens " ceux qui vivent à côté de l'opulence et qui doivent ramasser la merde des autres pour subsister !!! On a beau savoir tout ça mais le voir c'est dérangeant, c'est le moins qu'on puisse dire Maudit que ça remet les vraies choses à leur place. En tout cas, sans renier ce que je suis et surtout ce que j'ai (car j'ai travaillé pour), je vous jure que tu ne vois pas la vie pareille quand tu reviens en autant que tu sais regarder, évidemment. C'est à se demander comment ça se fait qu'ils ne se révoltent pas ? Et ça m'amène à une autre réflexion l'endoctrinement !!! Oui vous avez bien lu endoctrinement. Quand tu vois de grosses affiches de 4 pieds par 8 sur la clôture d'une école primaire avec des slogans de " Proud to be american " (fière d'être américain) et des " God bless america " (que Dieu bénisse l'Amérique), quand tu sais qu'un enfant voit et lit ces "maximes" à partir de 5 ans, qu'il doit faire son service militaire à peine sortie de l'adolescence et que partout où il peut aller il voit le drapeau américain flotter comme l'étoile du nord qui t'indique le chemin ou qu'il lit sur les différents murs de béton qui entourent les tanks et les avions militaires en exposition constante des réflexions et des citations où la guerre est l'apogée d'un peuple et qu'il peut se procurer un fusil comme d'autre se procurent une canne à pêche pas surprenant de voir ce qui se passe présentement. Peut-être pas surprenant mais déprimant en maudit par exemple! Le pire dans ma réflexion c'est que je me dis qu'il est malaisé de juger quand ta culture est à l'opposé de l'autre en la matière. Comme je n'aimerais pas qu'on vienne me dire ce que je dois penser et véhiculer comme valeurs à ma progéniture, je me dis qu'il m'est difficile de le faire à leur égard. Et pourtant si seulement leurs "valeurs" restaient des "préceptes" sans pour autant mettre à exécution des actes répréhensibles envers les autres. Ma réflexion n'est pas achevée mais elle me dérange! J'vais tout de même terminer ce récit sur une note plus joyeuse... Faire un voyage pour aller se reposer est une chose et voyager pour le plaisir dans le seul but de "voyager" c'est autre chose. Dans le mot voyage il y a une partie du mot qui sonne comme "voit" et c'est exactement ce à quoi je m'attarde en voyageant... à voir. Il est inutile de chercher les ressemblances entre un environnement d'un pays et le sien, de confronter telle architecture avec les nôtres ou pire encore de confondre les valeurs personnelles d'un peuple avec nos valeurs québécoises. Il y a d'abord la route celle qui nous permet de voir le monde changer au rythme des kilomètres que l'on parcoure. Bien sûr, nous avons les mêmes rubans d'asphalte, les mêmes trottoirs gris ou les mêmes briques rouges qui caractérisent les villes. Mais au-delà de ça, il y a une faune et une flore qui vaut la peine qu'on les regarde et si l'on s'attarde moindrement on pourra même découvrir dans les villes stéréotypées quelques brides de différences. J'ai vu des paysages bucoliques où les ranchs texans s'étendaient à perte de vue offrant à leurs bêtes un pâturage aride mais où les animaux ne semblaient nullement privés de quoi que ce soit. Question d'habitude j'imagine. Différent ne veut pas nécessairement dire pire. À d'autres endroits, j'ai vu une belle rivière contourner amoureusement des vallons et des collines (pas de véritable montagne au Texas) tandis que se parsemaient quelques arbres courts pour ne pas dire rabougris dont l'écorce s'effilochait par les intempéries et la sécheresse et où le cactus à palette poussait comme du chiendent. C'est bien certain que j'ai pu voir des variétés de palmiers mais tout de même rarissime au Texas. La vue d'un alligator se réveillant d'une hibernation dans son marécage et qui profite d'un soleil peureux pour tenter de réchauffeur son système sanguin avant la période des amours, ou la vue de l'apathique tortue, enfournée dans sa carapace écailleuse, qui se hisse sur sa branche enlisée dans la mare pour profiter elle aussi des premiers rayons du soleil printanier vaut bien l'acharnement de mon petit castor qui essaie de se construire une cabane dans mon lac. Je dois avouer cependant que je me serais passé du serpent qui tentait de traverser le sentier ou de celui qui s'exerçait à la reptation dans le bayou à côté de mon campement. Quoi de plus reposant que de sortir à la lueur blême du matin (après le pipi de 5h30 évidemment) et de siroter son café à regarder les cardinaux rouge vif (les mâles car la femelle n'a pas besoin de couleur flamboyante pour exister (hihihi)) s'empiffrer de tes graines dans la mangeoire de fortune que tu leur a fabriquée avec une bouteille de plastique de jus de canneberges, de les voir se défendre contre ces gloutons de corvidés que sont les corbeaux, les corneilles et les autres du même acabit ou de regarder le vol d'un héron gris perle ou de savourer l'immobilité de l'échassier au long cou grêle ou de sa mini consur l'aigrette toute fière dans son plumage d'apparat d'un blanc immaculé. Les couchers de soleil ou les pleines lunes sont aussi un spectacle toujours renouvelé, qu'on admire inlassablement. Quoi de mieux que d'admirer une lumière zodiacale de toute beauté et qui incite au recueillement, à la méditation, à l'introspection ou à l'amour. Et même s'il y a un épais manteau de nuages, dame nature arrive parfois à le déchirer à plusieurs endroits nous donnant l'occasion de voir filtrer quelques rayons blafards du soleil ou de la pleine lune. Telle une représentation théâtrale, ces astres parviennent à se frayer un chemin de lumière aux travers les arbres et à les faire danser sur le macadam ou à la surface de l'eau en un ballet kaléidoscopique qu'on ne se lasse pas de regarder. Et même si par malheur ou bonheur, les astres ne sont pas au rendez-vous, on peut se créer une projection lumineuse avec un bon feu de bois. Les flammes incandescentes sont tout aussi magiques à observer !!! Ça vaut bien les petits inconvénients techniques que je vous ai déblatéré l'autre jour, question de vous égayer un peu et, je vous l'avoue, de captiver votre attention. Malheureusement il m'est impossible de mettre toutes les photos prises durant ces voyages. Je dois en sélectionner quelques-unes. Quant aux villes que je visite, je m'attarde à chercher la différence architecturale et à comprendre les gens en les regardant vivre dans leur environnement. Rien de mieux que d'aller faire son épicerie ou son lavage dans le laundromat ou washateria du coin pour s'y "tremper" dans tous les sens du terme. Parfois c'est heureux et parfois ça l'est moins mais dans tous les cas tu apprends quelque chose. Ne dit-on pas que les voyages forment la jeunesse ? Dans ce cas là je suis encore jeune car j'ai réussi à me "former" quelques opinions (hihihi). Le voyage c'est aussi tout ça et beaucoup plus beaucoup beaucoup plus !!! Le prochain devrait être le Mexique... Allez-vous être au rendez-vous pour un autre récit à la Die ??? A la proxima... Montage & Conception |
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