Page 2 - Le Mexique

 

 

Nous voilà donc installés dans notre camion, la Fifth Wheel bien ancrée et nous retraversons notre "pont" sans encombre. On traverse Matamoros qui est la première ville frontalière du Mexique. Les rues sont petites, sales et très populeuses. On manoeuvre lentement mais on fini par traverser sans problème grave et on ne s'est même pas trompés dans notre chemin. En sortant de la ville, sur la route 101, on s'arrête au premier Pemex, question de faire le plein car on a l'intention de se rendre à Ciudad Victoria pour y passer la nuit. La route est relativement belle une fois sorti du périmètre "urbain" mais on a un fort vent de côté. Ce qui n'est pas très agréable pour le conducteur. Par contre on est bien. On a pu ouvrir un peu notre fenêtre, nous sommes enfin en short et chandail à manches courtes. C'est le bonheur total mais...

Tout près de Jimenez (voir sur la carte la location où j'ai entouré le village) une voiture nous dépasse en klaxonnant. On trouve la personne assez impatiente mais immédiatement un camion venant en sens inverse nous klaxonne à nouveau mais lui nous montre l'arrière. Je regarde dans le rétroviseur mais je ne vois que le bas de la FW. André ralenti et se tasse sur le côté. En sortant du camion, je vois une grosse fumée dense et foncée sortir par la ventilation de la chambre qui est comme vous le savez dans le "pit" de la Fifth Wheel. André s'empresse d'aller vers l'arrière.

LE FEU !!!!!

Les gens s'arrêtent, viennent à notre rescousse. André tente d'éteindre l'incendie vers l'arrière avec un petit extincteur qu'un bon samaritain lui apporte. Mais il ne voit pas de flamme de l'extérieur. Par contre il me cri d'aller récupérer nos caméras, portables et argent. Les trucs de valeurs quoi. Pendant que j'essaie de débarrer la porte de mes mains tremblantes, un jeune mexicain s'approche de moi avec un autre extincteur. On ouvrant la porte, on entend un gros "oufffffff " juste au moment où j'allais mettre le pied sur le marchepied. Et là je sens une bonne poigne me prendre par l'épaule et me descendre de là au plus vite. Au même moment, le jeune mexicain tente d'éteindre la langue de feu qui lèche le haut de la porte. Impossible d'entrer... on se recule, éberlués !

Mon "sauveteur mexicain" me crie alors el camion au moment où moi je criais à André que c'était impossible d'entrer et qu'il fallait retirer les bonbonnes de propane avant qu'elles n'explosent au visage des gens qui continuaient à circuler à pied ou en auto. Faut comprendre que les bonbonnes se trouvent côté chemin. André s'active à les déloger de leur socle pendant que le mexicain et moi tentons de dépinner la roulotte et de mettre le camion hors d'atteinte du feu. On entend les vitres voler en éclats... et la roulotte s'enflamme comme une boîte d'allumettes.

André vient me rejoindre au camion et nous ne pouvons que regarder IMPUISSANTS notre rêve de retraite et notre voyage s'envoler en fumée. On a tout perdu. Impossible de récupérer quoique ce soit hormis les deux bonbonnes de gaz que nous donnons finalement à un autre monsieur qui s'affairait à éteindre un début d'incendie dans le champ. On voit notre roulotte fondre comme une livre de beurre.

Vous dire comment les mexicains furent gentils et aidants, ce n'est pas croyable. De 8 à 10 hommes tentaient tant bien que mal d'éteindre ce feu de broussailles, un autre nous servait d'interprète (anglais-espagnol) avec le policier et d'autres venaient tout simplement nous encourager. Nous avons même eu le maire de Jimenez qui nous a offert sa maison gratuitement pour nous loger. Un monsieur de Tampico (notre interprète) a pris des photos et il devait nous les faire parvenir mais malheureusement je n'ai jamais reçu ces photos. Il a dû perdre mon adresse courriel. C'est ce monsieur qui nous a beaucoup aidé auprès du policier et qui nous a recommandé de lui donner un pourboire. Et j'insiste sur le mot "pourboire" et non pot-de-vin. Ce policier fut d'une gentillesse édifiante et il nous a donné plus que le service policier. Il s'est occupé de nous trouver une place convenable pour nous loger, il a commandé un camion pour retirer les débris de la route, il a fait toutes les démarches auprès de l'assureur mexicain pour que l'ajusteur passe le soir même à notre hôtel et il nous a même dispensé de l'amande qu'on aurait dû payer en raison de la détérioration de la chaussée et du feu dans les broussailles. C'est qu'au Mexique, nous sommes responsables des dégâts que l'on fait à l'environnement et aux chemins publics. Somme toute, notre "pourboire" (et j'insiste sur le mot) fut une dépense très bien placée ! Il y a même eu un autre monsieur de Tampico qui faisait route de Ciudad Victoria vers Tampico qui nous a conduit à notre hôtel tout en faisant marche arrière (pour lui) et il est resté à nos côtés pour nous aider une bonne grosse heure. Il nous a remis sa carte et ses numéros de téléphone au cas où nous aurions des embêtements. Franchement, dans notre malheur, nous avons été très bien supportés.

Ces photos ne sont pas celles de notre FW car nos caméras étaient dans le VR.
Elles ont été recueillies sur google pour vous donner un aperçu de ce qu'avait l'air notre propre FW pendant et après le feu.
C'est très ressemblant. Le bord du chemin où le feu veut prendre racine dans le bas-côté, clôture en moins.
La structure toute carbonisée après l'incendie et même que notre carcasse était encore plus tordue, aucune trace d'aluminium sur la nôtre.

 

Nous voilà donc le soir du 7 décembre dans un Hôtel très spécial. Le Don Quichote ! C'est un endroit couru des américains pour la chasse. Il y a même un stand de tir à même l'Hôtel mais nous ne sommes pas en mesure d'apprécier vraiment le décor. J'ai faim. Je voulais une bonne soupe chaude mais la cuisine étant fermée, le cuisinier nous a préparé des oeufs brouillés que j'ai été incapable de manger. Je me promène de la chambre à l'entrée de l'auberge, jase un peu avec le personnel en attendant impatiemment l'ajusteur d'assurance. Il arrive enfin vers les 20 heures et il ne parle que l'espagnol. Un employé de l'hôtel fait l'interprète et ce dernier nous remets enfin le papier très important (mais on ne le savait pas à ce moment-là) attestant la perte totale de notre VR. On dort peu et au matin du 8 décembre on décide de revenir au Québec. Le brouillard est tellement dense que l'on ne voit même pas la route devant l'hôtel mais on n'en peut plus de rester inactif.

Ce 8 décembre, on repasse à l'immigration. Heureusement pour nous, l'air bête n'est pas là et c'est un gentil monsieur qui a pris place derrière la baie vitrée. Pas de complication pour nos permis de personnes, on les annule sans frais puisque nous sommes restés qu'une seule journée en sol mexicain. Pour le camion, après quelques tergiversations avec les agents de sécurité dehors pour le stationnement du véhicule près des douanières, on réussi à annuler le permis. Mais pour la roulotte c'est une toute autre histoire. N'ayant ni le VR à leur montrer, ni la vignette à leur retourner, elles refusent d'annuler le permis. Épuisée et anxieuse, je me mets à pleurer en leur montrant la feuille de l'ajusteur attestant la perte totale du véhicule. Les jeunes filles font tout leur possible pour nous aider mais la loi c'est la loi et elles ne peuvent rien pour nous. On me donne 3 numéros de téléphone pour rejoindre le bureau de dédouanement, téléphones que je dois faire dans une cabine téléphonique dehors, mais les numéros ne sont pas bons. Je reviens dans la file et après plusieurs coups de fils de la part de ces jeunes dames bien intentionnées on me dit que je suis mieux de passer par l'ambassade. Finalement on sort du Mexique, sans avoir annulé le permis pour le VR, et j'irai éventuellement à l'ambassade du Mexique à Montréal voir si on peut m'aider.

On se retrouve à Browsville et on avait eu ordre de notre ajusteur de rejoindre le bureau de réclamations de McAllen. Ce que nous essayons de faire mais impossible de trouver des téléphones publics à Browsville. Il parait qu'ils ont été tous retirés car le jeunes les brisaient tous. On se rabat sur notre "vieux" terrain de camping où l'une des vieilles dames nous aident à téléphoner mais impossible de rejoindre le monsieur en question. On tourne en rond un peu et on décide de rentrer à Montréal tout en essayant en cours de route de rejoindre ce bureau de réclamations. Chaque fois qu'on s'arrête, je tente de téléphoner, en vain.

Comme nous couchons dans des motels en remontant, on regarde la télé qui nous annonce une grosse tempête en formation et qui devrait apporter de fortes précipitations de neige dans l'état de New York. Faut donc aller magasiner pour se trouver des vêtements plus chauds que notre paire de short et notre chandail à manches courtes. De plus, il nous faut des sous-vêtements et des accessoires de toilette.

Le jeudi 13 décembre 2007... on est chez notre fils à Brossard et le 14 enfin à la maison dans notre campagne. Il est évident qu'un incident du genre change bien des choses mais dans notre malheur nous avons encore un toit, tous nos meubles, de quoi manger et des sous en banque. Nous avons perdu notre petit "luxe" mais pas l'essentiel... nous sommes vivants, en bonne santé et personne n'a été blessé dans cette aventure. C'est quelque peu démoralisant par période car ça risque de mettre fin à notre beau rêve de retraite: les voyages ! Mais faut laisser les assurances régler les réclamations, laisser le temps panser nos plaies émotives et on verra plus tard comment on organisera notre restant de retraite.

Je vous donne donc rendez-vous dans quelques mois pour la suite... je pourrai vous dire comment les assurances auront réglé l'affaire et ce que nous, nous prévoyons faire... A+

OU pour les assurances

OU page 1

Montage & Conception
Die © 2008